Un participant a une conférence que j’ai donné à Québec devant une centaine de gestionnaires de l’industrie de la construction m’a posé la question suivante : « Stéphane, tu suggères beaucoup d’être à l’écoute des besoins de nos employés, mais n’y a-t-il pas un risque à déresponsabiliser les gens en les « chouchoutant » un peu trop? »

Ce n’est pas toujours évident pour un patron de maintenir son autorité aux yeux des employés tout en se montrant conciliant. C’est surtout vrai pour les cadres intermédiaires qui doivent souvent faire respecter des règles qu’ils n’ont pas eux-mêmes établies. Personnellement, j’ai eu à faire face à ce dilemme lorsque j’étais gestionnaire.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre où les employés ont le gros bout du bâton, on peut penser qu’on n’a pas vraiment le choix d’être tolérant, mais il faut bien choisir ses batailles car être trop conciliant peut nuire plus qu’aider.

Pour preuve cette étude de Leadership IQ parue en 2013 qui illustre que dans 42 % des entreprises, ce sont les employés sous-performants qui sont plus engagés que les performants. Qu’est-ce qui peut bien expliquer cela? Peut-être que les employés qui performent moins bien vont davantage chercher à s’engager par peur de perdre leur job? Possiblement, mais la principale raison soulevée par les chercheurs pour expliquer le désengagement des performants est celle-ci : les patrons n’adressent pas les cas problèmes. Ainsi, les employés performants se désengagent voyant que la direction tolère des employés qui ne livrent pas la marchandise.

Dans un monde idéal, vous aimeriez probablement vous débarrasser rapidement de certains cas problèmes, mais des contraintes syndicales ou autres vous en empêchent. De toute façon, le congédiement n’est pas nécessairement la solution.

L’important, c’est que vos employés réalisent que vous êtes conscients des cas problèmes et que vous travaillez à corriger la situation en les rencontrant individuellement par exemple.

Donc oui, il faut être à l’écoute des besoins des employés pour leur offrir des possibilités de donner le meilleur d’eux-mêmes, mais ça ne veut pas dire pour autant d’accommoder tout le monde de la même façon. Ça doit aller au mérite.

Comme me le disaient des jeunes de la génération Y (20-35 ans) rencontrés lors de mes recherches : « Pour moi être équitable ça ne veut pas dire traiter tout le monde sur un pied d’égalité, mais plutôt traiter chacun comme il mérite de l’être ». Bonne réflexion.

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